Grenoble et Rennes, qui s'affrontaient en demi-finales de la Coupe de France, n'avaient plus grand-chose à jouer en championnat. Le promu avait quasiment assuré son maintien en s'imposant face à Toulouse (1-0), tandis que Rennes, battu à Monaco (3-1), avait besoin de se qualifier, s'il ne voulait pas terminer sa saison de façon très morose, notamment son entraîneur, Guy Lacombe.
Sow l'opportuniste
Si Grenoble, peut-être poussé par l'ambiance exceptionnelle qui régnait dans le Stade des Alpes, se jetait comme un mort de faim sur le ballon dans les premières minutes, Rennes allait très vite mettre sa main sur cette rencontre. Le duo Lemoine-Cheyrou privait les hommes de Bazdarevic de ballons, et si Le Crom n'était pas plus inquiété par l'attaque rennaise, c'était surtout grâce à la solidarité iséroise, et aux bonnes interventions de Sandy Paillot. Courtois allumait bien une mèche plutôt mouillée (10e), Leroy, contré dans la surface (11e), et Lemoine sur coup-franc (12e) puis sur une belle volée (16e) faisaient frémir les 20000 supporters alpins. Les Rennais allaient finalement être récompensés de leur domination sur une action où les locaux allaient être battus individuellement, notamment Le Crom par Thomert, puis Vitakic par Sow, pour l'ouverture du score de la tête de l'espoir rennais (0-1, 21e). Grenoble, gêné par le gros pressing breton au milieu, tardait à réagir, mais Thomert gâchait deux superbes occasions de faire le break, et éclaircir la route du Stade de France (30e, 38e). Du coup, avant la pause, Boya pointait enfin son nez, mais sa volée en pivot trouvait la barre (42e) et sa tête à bout portant ratait le cadre (43e).
Fin de match en eau de boudin
Coup de théatre à la reprise : touché au dos, Douchez restait aux vestiaires et c'est le Sénégalais Cheikh N'Diaye qui lui succédait dans la cage bretonne. Un coup dur, certes, mais face à une équipe iséroise incapable de cadrer le moindre tir, le danger était relatif. Surtout que la domination bretonne ne se démentait pas. Sow, signalé hors-jeu, était privé d'un doublé (56e), et Danzé était devancé par Robin au moment de transformer un service de Thomert en but (60e). Seul Boya, pourtant bien esseulé entre les tours jumelles rennaises M'Bia et Hansson, se montrait menaçant, mais il ne cadrait pas face à N'Diaye, lors de l'un de ses rares moments de liberté (68e). De son côté, Le Crom se montrait enfin solide face à Leroy, auteur d'une reprise à bout portant (69e). Les espaces se créaient, mais malgré les entrées de Larsen Touré et de El Moubarki, Grenoble ne parvenait pas à enflammer la partie, même si sa domination offrait un contre en or à Leroy et Thomert, qui rataient l'occasion (80e). En fin de rencontre, après une pluie de cartons entre deux équipes très tendues, un des arbitres assistants recevait un projectile sur la tête, ce qui gâchait la fête. Mais cela faisait longtemps que les supporters grenoblois n'avaient plus le cœur joyeux.
Les réactions grenobloise :
Mecha Bazdarevic s'est d'abord dit très déçu de cette soirée. L'entraîneur du GF38 a l'impression que son équipe "n'avait pas tout fait pour mériter plus" et aurait surtout dû "plus se lâcher". Il a surtout, selon lui, "manqué un peu de fraîcheur et quelques joueurs pour aller en finale". Au sujet de l'arbitrage très contesté ce soir, le coach grenoblois regrette "qu'on ait envoyé un arbitre qui a déjà coûté quelques points cette saison" à son équipe.
Même son de cloche chez Pierre Wantiez, directeur général délégué du club isérois, qui pointe du doigt "l'accumulation d'incidents d'arbitrage (décisions douteuses, arrêts de jeu non-respectés), et exprime son étonnement de voir désigné M.Piccirillo pour cette demi-finale (déjà au coeur de plusieurs polémiques avec le club grenoblois cette saison notamment à Lorient, et auteur de déclarations sur le peu de chance de voir Grenoble se maintenir en L1). Le dirigeant alpin ne comptait pas s'arrêter là ce soir, et fustigeait aussi "la multiplication de contrôles anti-dopage" contre son club (deux contrôles ce soir, ajoutés à ceux de vendredi veille de la rencontre face à Toulouse qui avaient durés 3 heures), et déclarant cette "chasse anti-dopage peu crédible". Cependant Pierre Wantiez n'a pas oublié de féliciter Guy Lacombe et tout le Stade Rennais pour leur qualification en finale.
Du côté des joueurs, Larsen Touré était déçu "d'échouer aux portes du Stade de France", notamment "pour la ville et les supporters". L'attaquant du GF38 avait la même impression que son coach, celle "de ne pas avoir tout tenté".