L'homme fort du GF38 revient sur la saison historique du club alpin, qu'il estime pourtant sous-estimée. Alors que Feghouli, lui, possède désormais un bon de sortie...
Le maintien du GF38
"C'est tout d'abord un succès sportif, celui du staff et des joueurs. D'ailleurs, je ne suis pas sûr que tout le monde mesure à sa juste dimension l'exploit réalisé. Demandez à Lens, Sochaux ou Nantes ce que c'est de batailler pour ne pas descendre. On a eu des moments compliqués cette saison, mais on n'a jamais été relégable et j'ai l'impression que ça dévalorise un peu le travail fait. Quand je me suis engagé ici, je voyais un vrai risque de descendre. Il fallait être fou pour miser sur un maintien ! Mais on n'a que ce que l'on mérite. Les points, on ne les doit à personne et dans un monde idéal, on en aurait même 4 ou 5 de plus. Et puis, si on a 42 points aujourd'hui, peut-être que certains donneurs de leçons l'été dernier se sont trompés de méthode... Nous, on n'a pas expliqué aux autres comment faire, mais on est toujours là. Je dis ça car je n'ai pas aimé le mépris de certains clubs vis-à-vis de Grenoble."
L'image du club
"Les résultats font la loi dans le football et c'est vrai que les regards évoluent. En début de saison, si on avait nominé les équipes pour la descente, on aurait été élu comme Staline en son temps ! Mais attention, nous n'en sommes qu'aux balbutiements. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour être un vrai club de Ligue 1 et pour y arriver, il faut au moins quatre ou cinq saisons consécutives à ce niveau, une décennie même. Il faut une continuité."
Ses regrets
"Le premier est incontestablement de ne pas être allé au stade de France. On était tout près, et en même temps très loin. Mais si les joueurs n'avaient plus de gaz, c'est qu'ils n'ont jamais triché en championnat. L'intérêt du club était la Ligue 1 et avec d'autres joueurs, moins dans notre état d'esprit, ça aurait été le contraire. Imaginez si on était allé au stade de France en pensant à la Ligue 2, tout ça pour avoir perdu face à Toulouse ?"
Le centre d'entraînement
"Le but, c'est de disposer le plus tôt possible, d'ici un an et demi, d'installations opérationnelles. Et d'ici là, je veux des vestiaires sains pour l'équipe. J'ai bon espoir qu'en juin, pour la reprise, il y ait du nouveau. Toujours à la Poterne, mais avec des préfabriqués neufs ou un bâtiment en dur."
Le sponsoring
"L'année dernière, on n'a pas trouvé de sponsor maillot mais il faut bien voir qu'aller démarcher en n'étant pas sûr de jouer en Ligue 1, ce n'était pas simple.
Aujourd'hui, des contacts sont avancés avec un gros industriel, de taille internationale."
Bon de sortie pour Feghouli
"Le recrutement dépendra aussi de la vente des joueurs. Aujourd'hui, seul Feghouli a un bon de sortie. Il a envie de voir autre chose et c'est le moment pour lui. Si une offre raisonnable est proposée, on verra. Mais le marché bougera plus tard que d'habitude, par rapport à la crise."
Les récents incidents au stade des Alpes
"Il y a le problème des fumigènes. Cette année, on va payer entre 30 et 35 000€ d'amende. Ce n'est pas acceptable. Après, il y a eu les incidents face à Rennes (un projectile a touché l'arbitre de touche). Il y a des limites à ne pas franchir et les jets d'objets ne sont pas acceptables. Celui qui a fait ça est un abruti et si jamais il venait à être découvert, le club demandera des dommages et intérêts. Ça me reste en travers de la gorge car le stade des Alpes ne peut pas être hors la loi et ça va finir par nous coûter cher. Le huis clos ? Le risque existe. Un rapport de la fédération sera rendu sous 15 jours et on peut se retrouver avec un huis clos en début de saison, ce qui ne serait pas la meilleure façon d'attaquer le championnat. Et par rapport à Nice (plusieurs blessés aux abords du stade), ça n'a rien à voir avec le foot. C'était une expédition punitive de la part de voyous niçois et il va falloir travailler avec les forces de l'ordre pour éviter que cela se reproduise."
Index et un possible retrait
"Index n'a pas l'intention de vendre. Le faire maintenant, ce ne serait pas le bon moment. Par contre, il va falloir qu'ils réinjectent de l'argent pour l'an prochain. Soyons clairs : il faudra deux ans pour arriver à un équilibre d'exploitation. Aujourd'hui, on perd même de l'argent sur la boutique, à cause de certains contrats signés auparavant...